
Aujourd’hui, début janvier 2026, comme tous les mois de janvier de chaque année, la coutume est de souhaiter à nos proches – et à ceux que l’on rencontre – une « Bonne année » !
Alors d’accord, pour faire « comme tout le monde »… je vous souhaite une bonne année !!!
(Le titre est provocateur… mais la réflexion de cet article se veut plus ambitieuse…)
Pour être tout à fait sincère, au-delà du conformisme social et de la « politesse de voisinage », je ne crois pas du tout en « la bonne année ».
Dans ce que l’on appelle dans les Voies spirituelles « le monde ordinaire », les relations sont régies par la politesse – parfois sincère –, mais plus couramment une politesse conforme à un niveau social minimal. Cette politesse conditionnée, mais acquise par la plupart, régit la fine couche de civilisation qui nous sépare des comportements animaux encore présents en nous. Et donc, cette fine couche civilisationnelle, dans sa partie positive, nous pousse à souhaiter superficiellement du bien aux proches comme à des inconnus, dans la rue ou dans un magasin au passage en caisse.
(Ce matin à 6 h, dans la nuit de ma rue, un inconnu à pied m’a souhaité la bonne année, et je lui ai évidemment souhaité en retour…)
Du point de vue des quelques voies spirituelles authentiques qui existent dans le monde, et qui se manifestent différemment à chaque époque, ce qui va se passer cette année est régi par le karma du monde, le karma des pays, le karma des peuples et bien sûr le karma de chaque individu. Ainsi, que j’en sois conscient ou non, que j’y crois ou pas, que je sois d’accord ou non, ce qui nous attend, ce qui m’attend cette année, est déjà très, très largement tracé et écrit !
Je rappelle que « karma » vient du sanskrit karman, qui signifie « acte » ou « action ».
La loi du karma, dans les traditions indiennes (hindouisme, bouddhisme, jaïnisme et au-delà encore), est l’idée que chaque action entraîne des conséquences qui façonnent notre vie future. C’est une loi morale de causes et d’effets, qui comptabilise et acte ce que l’on fait de favorable ou défavorable selon les lois de l’esprit (avec lesquelles nous ne sommes pas en contact conscient, hormis les très, très, très rares Êtres qui le sont).
Lorsque l’on creuse un peu la question, ou que des situations soudaines nous aident à le faire, on perçoit que le « karma » n’est pas le fruit d’un Dieu tout-puissant qui punit ou récompense selon nos actes, mais qu’il s’agit bien de notre propre âme, de notre propre esprit, qui gère cela pour notre propre croissance spirituelle.

Je suppose que, pour vous comme pour moi, lorsqu’un accident survient ou qu’une mauvaise nouvelle nous frappe, nous réagissons négativement, à travers ce que l’on appelle dans l’enseignement de Selim Aïssel « des émotions négatives ». On bougonne, on se plaint, on devient négatif – voire véhément – contre la situation, les autres et le monde…
Rien de plus banal et normal, non ?
Il y a des années de cela – dix ou quatorze ans, je ne sais plus –, une manière qu’avait mon karma de m’aider à me libérer intérieurement était de me bloquer soudainement et douloureusement le dos. Après de nombreuses années passées à réaliser de dangereux « exploits sportifs », soudainement, dans une autre période de ma vie plus avancée, j’ai commencé à me provoquer des accidents à moi-même. Cela allait de l’erreur de soulever incorrectement une charge lourde à, un jour, simplement tendre le bras pour déplacer une chaise… et aussitôt, mon dos « s’enflammait » sans prévenir.
Alitement immédiat, puis deux ou trois jours pour ressortir du lit, et encore deux ou trois pour revenir à la normale.
Lorsque cela arrivait de façon aussi soudaine que fantaisiste, cela me mettait aussitôt dans la colère et la non-acceptation totale de l’impuissance que cela générait. Puis un jour, j’ouvre un tiroir, tends le bras, attrape un tee-shirt et CLAC, mon dos se bloque et je m’écroule…
Mais ce jour-là fut le début du changement !
Ce jour-là, devant cette situation ubuesque, j’ai éclaté de rire (ce qui, bien sûr, augmentait la douleur !). Je ne pouvais m’empêcher de rire… Mon impuissance physique était telle que tendre le bras pour soulever un tee-shirt me garantissait trois jours d’alitement…
Ce jour-là, j’ai vraiment ri aux éclats, car j’ai instantanément perçu que tout ce cirque n’avait rien à voir avec des accidents, mais que mon karma utilisait cette façon très personnelle de souffrir pour se compenser !
Je le savais théoriquement, mais ce jour-là, je l’ai perçu, compris et accepté instantanément – en une fraction de seconde – et j’ai éclaté de rire et de douleur en comprenant qu’une justice supérieure veillait à ma compensation karmique, et donc à ma libération intérieure.
Et puis, et puis… mes accidents ont commencé à s’espacer.
Mais mon karma – qui veut absolument mon bien… – a inventé autre chose… J’ai commencé à m’infliger des accidents – non plus à moi directement, mais à moi à travers ma voiture.
Un jour, je passe le portail de l’école pour rentrer à mon domicile – j’étais un peu pressé – et je pousse insuffisamment le sélecteur de vitesse de la boîte automatique avant de sauter de la voiture, un peu excité. Puis, une fois dehors, je perçois aussitôt que la voiture est en marche arrière ! Je saute dedans à nouveau en appuyant sur la pédale de frein. La voiture s’immobilise, mais ma porte conducteur s’est retrouvée écartelée par un poteau placé là… Mon sélecteur de vitesse n’avait pas atteint « Parking » et s’était arrêté sur « Recul »…
Évidemment, intérieurement, je peste : je me traite d’idiot, d’inattentif, d’excité…
Quelques temps plus tard, avec la même voiture, sur un parking, je démarre, pousse le levier, descends du véhicule ; le parking est en légère pente, la voiture bouge, puis s’écrase sur un arbre deux mètres plus loin et brise un phare. J’avais mis le sélecteur de vitesse sur « Roue libre » à la place de « Parking » et la pente a fait le reste…
Là, je constate, je souris et me dis que c’est moi qui ai fait cela… le fruit de mes actes, et de rien ni personne d’autre.
Quelques temps après, je raye « cette voiture qui me sert visiblement d’exutoire karmique » le long d’un mur de parking… Je sors, constate les belles rayures et accepte aussitôt.
Entre-temps, j’ai commencé à accueillir mes accidents de dos de façon instantanée, ayant enfin compris que je devais en passer par là, alors autant les accueillir de suite !
Un jour d’été, la veille des vacances avec ma compagne, j’aide un ami à déplacer une table : à peine je la soulève… paf, dos à moitié bloqué pour toutes les vacances ! J’accueille, accepte très bien et, bien sûr, j’adapte mes vacances…
Encore quelques blocages se manifesteront soudainement, mais seront chaque fois très bien accueillis. Et puis, ce karma qui se manifestait par ces « accidents thérapeutiques » ne se produit plus.
Je sais intérieurement qu’ils étaient à la fois une compensation karmique et une libération nécessaire qui passait par le corps, un peu comme un dégagement libératoire à travers le corps…

Trois ans plus tard, mes accidents sont finis, mon dos va bien, et je me rends dans le village voisin pour rejoindre mon associée. J’entre sur son parking en voiture, m’arrête à l’arrière de sa voiture garée à ma droite, et à cet instant parfait… elle recule et emboutit la sienne dans la mienne ! Je pense aussitôt à la « catastrophe » que cela allait être pour elle ; je bondis de ma voiture, la rejoint à l’arrière et la prends aussitôt dans mes bras en lui disant : « Ce n’est pas grave, on ne peut plus rien y changer, on va faire un constat et faire jouer les assurances. »
Elle me regarde droit dans les yeux et me dit – à ma très, très grande surprise : « Tu sais quoi ? Tu as raison ! On ne peut plus rien changer, et on a des assurances pour ça ! » Si vous la connaissiez comme moi, vous sauriez, comme moi, que sa réaction saine et positive, après avoir abîmé sa voiture, relève de rien de moins que d’un vrai miracle… ;-)
Quelle ne fut pas ma surprise de constater que mon entraînement aux « auto-accidents » pouvait lui être transmis apparemment instantanément dans cette situation… Et quelle précision du karma faut-il pour que, avec tout ce qu’elle a fait avant dans cette journée, tout ce que j’ai fait dans cette journée, je m’arrête derrière elle juste une seconde avant qu’elle recule ! Car elle a regardé dans son rétroviseur avant de reculer, et à cette seconde-là je n’étais pas derrière elle… mais une seconde après, oui…
Si je raconte des aspects de ma vie ici, dans ce texte de début d’année, c’est pour tenter de transmettre à celles et ceux qui le liront – plusieurs fois peut-être – qu’il est possible, à chaque instant, de décider comment nous réagissons à une situation soudaine, inattendue, brutale, douloureuse ou désagréable. Mais que, comme pour tout, il faut le vouloir et s’y entraîner !!!
Il existe une très grande loi dans l’univers : la Loi de la Triade. Elle nous parle d’affirmation, d’opposition et de conciliation. Lorsque je décide de sortir de chez moi le matin pour aller au travail, c’est la force d’affirmation. Quand je découvre soudain qu’il a neigé, c’est l’opposition que la vie me propose. Et conduire avec douceur et attention devient ma façon de mettre en œuvre la force de conciliation.
Dans les lignes ci-dessus, j’ai raconté comment, durant longtemps – et comme tout être humain –, j’ai très souvent posé une force d’affirmation (nous faisons cela toute la journée), comment il en est régulièrement sorti une opposition douloureuse – mes accidents de dos, puis ceux de la voiture ; et comment, avec le temps, j’ai appris à accueillir le réel tel qu’il est grâce à la force de conciliation.
Peut-être commencez-vous à comprendre pourquoi je ne vous souhaite pas une bonne année ?
En réalité, les actes que vous allez poser cette année, c’est vous, c’est votre vie, c’est votre karma ; en réalité, c’est déjà écrit depuis longtemps. Il en résultera donc ce qu’il doit en résulter, car entre deux vies, nous construisons notre karma à venir : pour compenser les blessures infligées aux autres et recevoir les bienfaits de ce que nous avons bien fait. À cela, nous ne pouvons rien changer : c’est écrit de longue date, en réalité.
Mais comme disait mon Maître :
« La façon dont vous allez réagir à ce que le karma vous amène – de bon comme de douloureux –, cela, ce n’est pas écrit ! C’est là le seul espace de liberté dont nous disposons, car en réalité, toute votre vie est déjà parfaitement écrite, à la lettre près ! Mais comment vous allez réagir à ce qui est écrit… c’est là votre liberté, c’est là votre seule chance de progrès. »
Puis il ajoutait :
« Mais si peu, si peu, si peu utilisent ce seul espace de liberté, celui-là même qui peut tout changer… »
Selim Aïssel répétait souvent : celui qui ne se fixe pas de buts est un errant ! Et rien n’est possible pour celui qui erre !

Alors pourquoi est-ce que je ne vous souhaite pas une bonne année dans le titre ?
Tout simplement parce que les souhaits polis – de bon voisinage, familiaux, professionnels – ne changent rien à rien ; ils ne sont qu’automatismes sociaux, rarement habités de profondeur et parfois même pas sincères.
Par contre, si une personne lit ce texte et prend conscience que, d’instant en instant, elle peut décider de ses gestes (au lieu de se mouvoir comme une personne agitée ou apathique), qu’elle peut sourire et regarder dans les yeux ceux qu’elle rencontre au lieu de passer à côté d’eux comme s’il s’agissait de créatures non humaines – comme dans le métro –, si une personne comprend qu’elle peut décider de ce qu’elle pense, plutôt que de laisser le chaos des pensées tourner sans fin, en particulier à propos de ce que les autres et le monde devraient faire pour elle – plutôt que de commencer déjà à se changer soi-même et à accueillir le monde tel qu’il est…
Alors, et seulement dans ce cas, cette personne commencerait à habiter son corps, à le vivre, à le ressentir, à en prendre soin comme de l’instrument qu’utilise son esprit.
Alors seulement, elle commencerait à prendre soin de ses paroles, de son environnement, de ses proches, et parfois des étrangers aussi, en veillant à leur bien dans la mesure du possible.
Alors, et seulement dans ce cas, elle commencerait à prendre conscience de ses émotions, à mieux les vivre, mais aussi à sérieusement maîtriser ses émotions négatives, à ne pas les manifester sur les autres et le monde.
Alors, et seulement dans ce cas, cette personne commencerait à maîtriser ses pensées, à se fixer des buts élevés et à avancer vers plus de maturité et de sagesse.
Pour terminer, j’aimerais vous dire que l’année qui arrive n’aura de sens et n’apportera de progrès qu’à celles et ceux qui se fixent des objectifs précis de changement, d’accueil, de partage, de solidarité, de bienveillance et d’humanité. D’abord pour le prochain (et le prochain est toujours le plus proche, d’abord…), puis au-delà encore, en faisant le choix du bien avec tout autre dès que c’est possible.
On peut rater et échouer souvent, mais on peut chaque jour se relever et tenter de faire mieux : c’est là le cadeau du « présent », celui qui se renouvelle d’instant en instant, celui qui nous laisse constamment l’espace de nous ajuster pour plus de vrai, plus de bon et plus de beau.
Ce que nous devrions nous souhaiter pour la nouvelle année n’est pas tant une bonne année (car les temps qui arrivent ne sont pas bons, pas beaux et de plus en plus faux, comme on le constate chaque jour un peu plus, et il ne viendra pas de miracle ou de sauveur à cet endroit !), mais la ferme volonté de se fixer des objectifs humainement élevés – des objectifs bons, beaux et vrais – et d’y revenir cette année au minimum 365 fois, car une seule fois ne suffira vraiment, vraiment, vraiment pas !
Il est certain que les temps changent !!! Mais il est tout aussi certain que tous ceux qui feront l’effort de plus d’humanité, de plus de vérité et de bienveillance en retireront de grandes occasions de croissance intérieure.
Et comme nous sommes incarnés pour cela, prenons notre vie telle qu’elle est, vivons-la à son meilleur niveau, puis réalisons une grande œuvre !
Je vous souhaite sincèrement une très, très belle année, mais je sais, et vous aussi, qu’elle sera ce que vous en ferez ; elle sera le résultat de ce que vous ferez de ce que votre karma vous apportera !!!
Coeurdialement,
Brice

